Détection de changement d'utilisation des sols
Nous suivons dans le temps l'évolution de l'occupation des sols : déforestation, artificialisation, pratiques agricoles, grâce à l'imagerie satellite Sentinel et à l'intelligence artificielle géospatiale.
Avant / après : les changements détectées sur le delta
Faites glisser le curseur. Les 34 polygones rouges sont les emprises détectées par le modèle sur le delta.
Qu'est-ce que la détection de changement d'utilisation des sols ?
La détection de changement d'utilisation des sols (land use / land cover change detection) consiste à identifier et quantifier, dans le temps, l'évolution de l'occupation d'un territoire : conversion de forêt en terre agricole, artificialisation d'une parcelle naturelle, extension urbaine, évolution des pratiques agricoles, restauration écologique, déforestation ou reforestation.
Cette approche repose historiquement sur la télédétection : l'analyse d'images satellites acquises à différentes dates permet de comparer l'état d'un territoire dans le temps et de localiser précisément les zones de changement. Avec la démocratisation des constellations satellites Sentinel-1 et Sentinel-2 du programme européen Copernicus, il est aujourd'hui possible de disposer d'observations régulières, à haute résolution spatiale (10 mètres) et à l'échelle mondiale, gratuitement.
Le changement d'utilisation des sols est d'ailleurs reconnu comme l'une des neuf limites planétaires définies par les travaux de Rockström et Steffen. Cette limite est notamment mesurée par la part de surface forestière mondiale encore boisée par rapport à sa couverture pré-anthropique : le seuil de préservation a été fixé à 75 %, alors que seules 62 % des terres jadis forestières le sont encore aujourd'hui, un seuil déjà dépassé selon le ministère de la Transition écologique (notre-environnement.gouv.fr).
En France, la situation est différente de la tendance mondiale : les terres agricoles y régressent plutôt qu'elles ne s'étendent, au profit de l'artificialisation des sols. Entre 2012 et 2018, la France métropolitaine a ainsi perdu près de 35 800 hectares de terres agricoles, 71 % des changements d'usage constatés sur ces terres se faisant au profit de territoires artificialisés (source : notre-environnement.gouv.fr, données CORINE Land Cover). À l'inverse, la forêt française progresse, portée notamment par la déprise agricole.
Le suivi de l'utilisation des sols est devenu un enjeu central pour plusieurs raisons :
L'approche de Symbiome
Symbiome mobilise l'imagerie satellite et l'intelligence artificielle géospatiale pour transformer l'observation brute en information décisionnelle exploitable. Notre approche combine traitement avancé des séries temporelles d'images satellites, méthodes d'apprentissage automatique pour la classification de l'occupation du sol, et rigueur méthodologique dans la validation statistique des résultats, notamment via des protocoles de validation par échantillonnage reconnus internationalement, permettant de quantifier la précision des cartes produites et l'incertitude associée.
L'ensemble des résultats est intégré dans un système d'information géographique (SIG) et restitué via des outils comme QGIS : cartes d'occupation du sol, cartes de changement, séries temporelles, indicateurs de surface par classe, exports compatibles avec les standards utilisés par les bureaux d'études, collectivités et organismes publics. Ces résultats peuvent également être restitués sous forme de tableaux de bord d'analyse, permettant un suivi visuel et actualisé des indicateurs clés et facilitant leur appropriation par les équipes non techniques.
Services proposés:
- Cartographie de l'occupation du sol par télédétection (Sentinel-1, Sentinel-2, Copernicus)
- Détection de changement multitemporelle et quantification des surfaces par classe
- Suivi de la déforestation importée et appui à la conformité au règlement européen sur la déforestation (EUDR)
- Suivi des pratiques agricoles : rotations culturales, mise en jachère, intensification
- Suivi de la reforestation et indicateurs pour la compensation carbone ou la restauration écologique
- Validation statistique par échantillonnage et intégration SIG (QGIS), tableaux de bord de suivi
Scénarios d'application concrets
Selon le WWF, l'empreinte de la France liée aux importations agricoles et forestières représentait 14,8 millions d'hectares en 2016, dont 5,1 millions dans des pays à risque élevé de déforestation. Le règlement européen impose désormais aux importateurs de démontrer que leur chaîne d'approvisionnement n'est pas liée à de la déforestation : un suivi géospatial exigeant, en contexte tropical à forte couverture nuageuse, pour lequel Symbiome développe des méthodologies robustes et reproductibles.
Le suivi multitemporel des parcelles permet d'identifier les rotations culturales, les changements de pratiques (mise en jachère, conversion en prairie, intensification) ou l'évolution des surfaces cultivées à l'échelle d'un territoire : une information utile aux politiques agricoles comme au pilotage d'exploitations et de filières.
La détection de changement localise précisément les zones de coupe, suit la dynamique de recolonisation végétale sur les sites en reforestation et produit des indicateurs de surface fiables pour des projets de compensation carbone, de restauration écologique ou de suivi réglementaire.
Pourquoi faire appel à Symbiome ?
Symbiome combine une expertise scientifique en géomatique et en apprentissage automatique avec une connaissance opérationnelle des enjeux environnementaux : biodiversité, forêt, agriculture, aménagement du territoire. Cette double compétence permet de produire des analyses à la fois techniquement robustes et directement utilisables par les décideurs publics et privés.
